Pour la 3ème édition du festival « On n’a plus 20 ans », l’organisation n’a pas fait dans la demi-mesure et a proposé à tous les fans de Métal français une affiche de rêve. Nous avons suivi Mass Hysteria toute la journée de samedi, pour un show démarré à 22h30 et fini un peu avant minuit… mais, vous allez voir, la journée commence bien avant…

 

Mass Hysteria en route pour la Vendée :

8h45… John, un croisé entre superman et bob le bricoleur, m’appelle pour me dire qu’il arrive porte de Montreuil, pour rameuter ses « ouailles » dans leur van. Tout ce petit monde arrive tranquillement autour de 9h, et c’est le départ pour la Vendée. Et encore, les coulisses du show démarrent en fait la veille par le chargement de l’utilitaire qui transporte le matériel de scène du groupe, un exercice de TETRIS grandeur nature…

Tout le monde finit sa nuit, est un peu dans le coltard… À 11h, premier et seul arrêt au Mans.1ère anecdote sympa : je me fais aborder à la caisse de la station-service par un fan, qui me demande s’il hallucine, ou s’il a bien vu les gratteux de MH… Je lui confirme que c’est bien MH et qu’ils jouent le soir même aux Herbiers… S’ensuit une négociation âpre avec sa femme, pour changer la destination de leur voyage, le programme du WE… Mais sa dame est fine en négociation… et le fan n’échappera pas au week-end  belle-famille pour Pâques…

Arrivée sur place à 13h30 environ, la salle est déjà clean, la scène prête. Je découvre une salle surprenante, avec une partie fosse, la scène et une partie auditorium … Original, mais carrément bien pensé. On testera d’ailleurs les sièges avec notre John national !

Le groupe et les crews filent déjeuner, après avoir récupéré les tickets repas, puis les roadies attaquent les différentes étapes du montage et des réglages. On vous confirme à ce sujet qu’ils se prêteront eux aussi au petit jeu de l’interview avec des questions posées par les fans !

Pour le groupe, le temps après le déjeuner marque…  le 1er temps d’attente dans les loges… Et, soyons francs, le temps entre la fin du déjeuner et les balances… est long ! On le tue comme on peut, on sort des grattes d’exos pour se détendre les mains et réviser ses gammes… On joue aux cartes starwars, on refait le monde, on se repose…

Les balances du festival, ça décoiffe :

Vers 16h, John, Sylvain et l’ensemble des roadies sonnent le rassemblement, c’est l’heure de « balancer » … Rapha démarre par le réglage de sa batterie, puis la basse de Jamie arrive. Viennent ensuite les 2 grattes de Yann et Fred, puis Muss vient poser sa voix… Autant dire tout de suite que l’impression laissée aux balances est puissante, FAT comme on aime !! Qu’on soit à la console avec Sylvain, au fond de la salle avec Céline au Merch, ou sur scène avec Paulo, Jimmy et John, le son est vraiment « HEAVY ». Quasiment 4 mois après leur dernier show, c’est super prometteur. Jamie est concentré, mais a hâte de rentrer dans le vif du sujet.

Comme d’habitude, les balances finissent par des morceaux en entier, c’est le pied ! Et, parmi ces morceaux, j’entends un morceau plus joué depuis… je ne rêve pas, je ne souffre pas d’hallucination auditive… ils sont bien en train de répéter un « old school » …

Fin des balances, retour en loge… Et là, de 17h15 à 22h30… l’attente est pour le coup très longue… Certains membres vont à l’hôtel se reposer un peu, d’autres restent sur place pour prendre la température de la salle, qui se remplit autour de 19h.

Show must go one, les Mass !

L’un des photographes accrédités pour le show n’est autre que… l’illustre Julien Creeping, que je n’ai pas revu depuis l’été dernier. Je suis ravi de le revoir, on échange shows, photos, fan club, et boulot, puisque Julien a commencé sa journée de la façon la plus énergique qui soit…

La salle se remplit franchement dès l’ouverture des portes, et le groupe « Les 3 Fromages » ouvre le bal. Perso, j’accroche, c’est énergique, c’est efficace, et l’ambiance est assurée par le combo. Un set de 45 minutes qui met l’eau à la bouche et ne demande qu’à être suivi par une prestation encore plus dingue !

Et là… pas de mal ! La première grosse affiche de la soirée arrive 20 minutes après. « No one is Innocent », c’est vraiment redoutable en live ! C’est du rock bien énervé, engagé, et franchement bien en place. Le show démarre direct par Djihad, Deep in Vegas et un Nomenklatura d’anthologie qui me ramène direct à mes 1ers souvenirs d’ado qui découvrait le rock et le métal au… collège ! S’ensuivent pêle-mêle Silencio, La peau, Drug, 20 ans, Johnny Rotten… ça déménage, le public répond archi présent par des slams, des headbangs… Le groupe finit son set par CHARLIE, pour ne jamais oublier la tragédie vécue par les dessinateurs de Charlie Hebdo. Fin du show : 1h de sueur comme se plait à le rappeler KEMAR, frontman du groupe (qui ne s’est pas privé de slamer et de sauter partout lui aussi !) mais qui prend la peine de serrer des mains et d’embrasser les plus jeunes, se laissant photographier avec plaisir avec les enfants (la relève !)

La salle se vide un peu, ravitaillement boisson et nourriture oblige… « Les Ramoneurs de Menhirs » arrivent vers 21h25 en tenue bretone, corne à bière, bignou… La Bretagne fièrement représentée… Le public resté pour voir le show répond direct, il y a une vraie adhésion entre le groupe et ses fans. Ça fait plaisir, mais n’étant pas un grand fan de musique bretonne, même mélangée à des riffs métal, je m’attèle aussi à trouver quelque chose à manger, avant mon vrai plat de résistance de la journée…

Pendant ce temps, nos gars se changent, révisent leur gammes ou leurs paroles, échauffent leurs bras… Les roadies règlent les derniers détails, John toujours sur les micros, qui nous donne des nouvelles de son toutou qui dévore son ragout… Eh oui, ça change des « one, two »… Céline, secrétaire de notre association, me rejoint en backstage avec ses kids, pour faire ce live report ! (Et savoure comme il se doit son « Ragout Toutou », qu’elle affectionne particulièrement, avant le lancement du Show, auprès de ses enfants aux yeux brillants et émerveillés).

22h30… La salle est bondée, le 1er rang envahi par les furieuses et furieux de l’Armée des Ombres. L’ambiance est électrique : tous les fans, moi le 1er, attendons cette reprise de la tournée depuis décembre, et notre patience va enfin être récompensée. La salle est plongée dans le noir, les dernières notes d’AC/DC se terminent par une clameur incroyable. La petite musique d’intro du show démarre, et les MASS déboulent sur scène, Rapha en tête, tout à l’énergie, à l’image de Yann qui pique littéralement un sprint pour rejoindre sa place.

 Mass Hysteria : des Chiens de la Casse à la Furia !

Chiens de la Casse et Vae Soli sont lancés, pour nous rappeler que la tournée Matière Noire fait la part belle à l’album. Un petit souci de retour avec Rapha est vite oublié et les deux morceaux sont ultra puissants. La fosse est déjà sens dessus dessous, les mecs de la sécu comprennent qu’ils vont bosser…

Une Somme de détails déboule, suivi de l’impeccable l’Espérance et le Refus. Jamie est à l’aise, il est content d’y être !! S’ensuit l’hymne du groupe, sa marque de fabrique : « Positif à bloc »…

Les 5 premiers morceaux passés, Muss demande de l’indulgence au public… Jimmy fait son premier show au retour plateau, Jamie fait donc son premier concert comme bassiste titulaire… mais il annonce aussi que les 3 morceaux suivants n’ont pas été joués en live depuis… longtemps.

Déboule… « Plus qu’aucune mer » !!! Alors, là, c’est la claque dans ta face !! L’instru est mortelle, le texte puissant, effet garanti et accueil unanime du public !! Je suis sous le choc, mais pas le temps de m’en remettre ; « Même si j’explose » raisonne à son tour pour nous ramener un semblant de calme, avant de nous balancer la 3ème pépite de la soirée : « Attracteurs étranges » … les fans de la 1ère heure qui réclamaient à corps et à cris des surprises sur les setlists en ont pour leur compte.

Ceci à peine digéré, Muss explique au nouveau membre qu’un baptême du feu sans un P4 dans la foule au centre d’un circle pit ne vaut pas tripette ! Jamie ne se dégonfle pas, et descend dans la foule avec Muss pour être au centre des électrons libres pendant P4 ! Il s’en sort merveilleusement : baptême réussi !

Les habituels mais indispensables Contraddiction, Plus que du Métal, Notre complot, le diabolique Tout est poison (je ne me lasserai jamais du break instrumental de ce morceau…) et Donnez-vous la peine (dont Céline, elle, ne se lassera jamais !) sont ensuite exécutés tout en maitrise.

 

La fin du set voit les furieuses et les kids débouler sur la scène pour Respect et, une fois n’est pas coutume, également pour Furia. Les Mass sont très vite rejoints aussi par les No One, qui « emmouscaillent » Fred, et les Ramoneurs de Menhirs qui viendront poser quelques vocals sur Furia avec Muss. Les roadies (sous l’influence d’un John hilare de sa bêtise, filant le fou-rire à Rapha) enlèvent les amplis vides, et le show se finit dans une ambiance hyper bon enfant ! Photos de famille, groupes, fans ravis ! (Sans vous parler des Kids, qui ont chanté, applaudi et dansé tout le show dans les coulisses, se reposant maintenant sur un flat case).

Il est presque minuit, les roadies doivent encore tout démonter, charger l’utilitaire, faire le débrief du show avec les boys… C’est vraiment un métier de FOU FURIEUX !! On ne le dira jamais assez !

 

Les Mass Hysteria, vu du côté des membres de l’Armée des Ombres :

Premier débrief également entre nous, membres du bureau, et là c’est Céline qui parle : les enfants sont unanimes « Wow, de derrière c’est quelque chose ! » Quelle joie de voir les MH monter sur scène, la bise et le sourire de Muss en prime à son arrivée. Incroyable de les voir se concentrer avant d’entrer en scène, de frissonner sur l’AC/DC et l’intro dans le noir, de les regarder jouer de près, sur les côtés, d’admirer le boulot de tous, des musiciens comme des roadies. Rapha de près, c’est impressionnant : ça tape fort et c’est magique ! Le Respect et la Furia sans jouer des coudes pour monter, la photo de famille, c’est le rêve éveillé. On termine la soirée en se disant qu’on adore être dans la fosse et qu’on y retournera, mais que c’était incroyable de vivre cette expérience.

Fin de festival dans la joie :

Tagada Jones, co-orga de la soirée, termine le spectacle par un show efficace et énergique, devant un public encore au taquet et qui en redemande ! Grosse réussite donc, encore, pour cette troisième édition du Festival « On n’a plus 20 ans », dont on réclame bien sûr haut et fort une 4ème édition !

Julien Creeping et moi-même quittons le groupe et les équipes vers 2h30, rincés, mais avec des photos incroyables, et une journée au côté des Mass et des roadies hyper riche en émotion.

Xavier, et Céline. 

PlayList audio du concert.

(crédits photos Julien Creeping, Laurent Franzi)

« Live from Backstage » :