INTERVIEW de MEHDI EL JAI, Manager de Mass Hysteria, et Patron de Label

 

Vendredi 8 septembre, tous les fans de Metal savent que cette date correspond à la 1ère des 3 dates françaises de Metallica.  Je me rends donc à Paris pour l’occasion. Mehdi en profite pour me suggérer de caler notre entrevue ce jour-là ! Rendez-vous est pris pour midi dans les locaux de Verycords, pour une présentation rapide de l’équipe qui travaille avec lui sur le groupe Mass Hysteria, puis nous filons déjeuner dans une petite brasserie, à 2 pas de son bureau. L’appli dictaphone est prête, les commandes du déjeuner sont passées, on peut démarrer cette interview… le décor est planté !

 

IDENTITÉ ET PARCOURS

Mehdi El Jai, né le 30 janvier 1970 à Rabat, d’un papa marocain et d’une maman corse. Mon père était ambassadeur, ce qui m’a donné la chance de voyager dans quelques pays, comme le Sénégal et la Mauritanie, entre autres. Je suis marié, j’ai 1 enfant de 11 mois.

 

Les fans : à quel âge as-tu commencé à vouloir travailler dans la musique ?

Mehdi : le virus m’est venu très tôt. Dès l’âge de 14 ans, j’ai fondé ma première association de management, HMP. On s’occupait notamment du groupe SACRIFICE. On a aussi décroché un contrat pour produire la première compilation de Metal français, « French connection ». Donc tu vois, j’ai voulu dès l’adolescence travailler pour la musique que j’aimais. Cette expérience m’a permis d’apprendre très vite les bases du métier et les contraintes pour produire un disque.

 

Les fans : es-tu toi-même musicien ?

Mehdi : je me suis essayé dans plusieurs groupes, au chant. Notamment avec un  groupe qui s’appelait Arcanes, on a eu quelques dates intéressantes, dont une 1ère partie au Bataclan d’Asia et une tournée avec les Infidèles. Puis, j’ai chanté pour un groupe qui s’appelait Kheops. Ce groupe était signé par Polydor et avait déjà sorti un album mais le groupe était déjà sur la fin et le deuxième album n’a jamais pu sortir.

Après ça, je me suis définitivement  tourné vers le management et laisser tomber toute velléité de carrière sur le devant de la scène.

 

Les fans : as-tu un style de musique préféré ? Un que tu n’aimes pas ?

Mehdi : mon métier m’impose de m’ouvrir à tous les styles. J’ai une affinité très particulière avec le rock et le Metal, tu t’en doutes. Je suis moins réceptif à la dance.

 

Les fans : as-tu exercé d’autres métiers avant la musique ? Et dans la musique, avant celui de manager ?

Mehdi : Il faut que tu saches que mes parents ne voyaient pas forcément d’un bon œil mon projet professionnel se dessiner autour de la musique. Ils m’ont donc un peu laissé me débrouiller à la majorité. J’ai travaillé pour Mc Donalds, j’ai été serveur et plein d’autres petits boulots pour payer mes études. Après, il faut savoir que l’accès aux métiers de la musique est compliqué, j’ai donc voulu cumuler un maximum d’expérience, j’ai été ingé son pour une radio, ingé lumière pour des théâtres. J’ai organisé les concerts de la cité U de Paris, j’ai été roadie, tour manager…Puis, j’ai eu la chance très vite de manager un groupe qui a eu un certain succès, et qui a été signé par un label, qui s’appelait XIII bis : No Man’s Land. Le PDG de XIII bis de l’époque a été sensible à mon travail de management sur les artistes, et il m’a donné la possibilité de créer un label, au sein de XIII bis, qui s’appelait 13, puis métal 13. Le plus grand fait d’arme de métal 13 a quand même été de signer… RAMMSTEIN pendant 5 ans puis NIGHTWISH qui fut un deuxième très beau succès à notre actif !

Ces expériences m’ont permis d’avoir une connaissance transversale de tous ces métiers. Si tu me places derrière une console, je sais de quoi on parle. Si je discute avec un roadie, un tour manager, je connais ses contraintes et ses missions. Comme le manager couvre un peu tous les domaines, je pense qu’il est indispensable d’avoir eu ces expériences avant.

 

Les fans : as-tu d’autres passions que la musique ?

Mehdi : je suis moniteur de plongée ! J’ai passé tous mes degrés dans les fédérations de plongée européenne (CMAS) et américaine (PADI). Étant à Paris, je n’exerce pas souvent, mais quand tu amènes des gens à 40M de profondeur, ça exige de la concentration et surtout de garder ton calme, quelle que soit la situation. A l’instar de Jonathan, qui te disait que la pratique de l’escrime lui avait apporté le zen en cas de stress, la plongée me permet aussi de prendre le recul nécessaire pour ne pas tomber dans la tension ou le stress aigu ou en tout cas de mieux les gérer, je pense.

 

LE METIER DE MANAGER ET PATRON DE LABEL

Les fans : comment arrive-t-on à ce métier de manager ? Existe-t-il des filières ? Piston et relationnel ? Coup de chance ?

Mehdi : on voit la création et l’émergence d’écoles qui forment aux métiers de la musique. Cela n’existait pas, en France, à mon époque. Mais la vraie spécificité des métiers de la musique, c’est que ce sont souvent des métiers d’autodidactes, exercés par des passionnés. Ces écoles, comme les écoles de management, te donnent un cursus solide pour acquérir un bagage technique, et en ce sens peuvent te faire gagner du temps dans ton apprentissage … Mais on ne vend pas des petits pois ou des photocopieurs… Un artiste est un homme, ou un groupe d’hommes, avec un aspect psychologique très important et ça, aucune école ne peut t’y former, seule l’expérience peut t’amener à appréhender et gérer cet aspect fondamental des choses. L’artiste peut notamment connaître une carrière en dents de scie, c’est très rare que l’évolution d’un groupe se passe de façon linéaire et croissante.

Ces cycles, il faut les intégrer et y préparer l’artiste au mieux, identifier les raisons de l’insuccès comme du succès et, tout cela, requiert calme, expérience et professionnalisme. Mass Hysteria est d’ailleurs un bon exemple en la matière.

Globalement, il n’existe pas de parcours scolaire te permettant de devenir patron de label. Je vais te détailler ma réponse. Il faut beaucoup de pratique pour gravir les échelons et acquérir la maîtrise des dossiers qui se présentent à toi. La musique fonctionne aussi avec des codes et des usages très propres au milieu. L’école ne t’apprend pas cela non plus. Un label ne se résume donc pas à trouver un artiste et le mettre sur le marché ou sur le devant de la scène. L’appréhension et la mesure d’un potentiel artistique et commercial d’un artiste ne s’improvisent pas et demandent beaucoup d’expérience, au risque de me répéter…

Le piston, la recommandation, oui c’est bien. C’est toujours agréable de te faire pistonner, notamment pour les premiers stages qui te mettent le pied à l’étrier. Mais c’est vraiment insuffisant. D’autant plus que, si tu es pistonné ou recommandé, tu n’as pas intérêt à te rater, et tu dois souvent en faire encore plus que les autres.

Je n’ai pas de recette miracle. J’étais passionné par la musique et le management, et j’ai conduis TOUTE ma vie vers cet objectif. J’ai vraiment travaillé très dur de façon quasi bénévole pendant 5 ou 6 ans, avant de pourvoir gagner ma vie à 100% avec le label. Ce qui implique que tu travailles à coté pour assumer ton quotidien. On dit souvent que la chance est provoquée par la foi, l’envie inébranlable et une somme de… travail énorme. Cela résume bien mon parcours, et je pense le parcours de tous les managers de labels en 2017 en France.

 

Les fans : quel est ton rôle exact chez VERYCORDS ?

Mehdi : Je suis directeur général associé du label. Nous avons fondé l’entreprise avec Simon Turgel qui en reste le président et son fils Romain qui est directeur de Veryshow. Dans la pratique, je m’occupe de la gestion opérationnelle quotidienne du label. Par contre, nous nous consultons pour toutes les décisions stratégiques. Je pars du principe que nous avons souvent tort tout seul et raison à plusieurs. Je préfère donc avoir un management consultatif plutôt qu’autocratique. Je suis le capitaine du bateau, mais il ne navigue pas que grâce à moi, très loin s’en faut !

 

Les fans : comment un artiste signe chez Verycords ? Prospection ? L’artiste vous contacte de lui-même via ses agents, comment cela se passe-t-il ?

Mehdi : En ce qui me concerne, j’ai la chance d’avoir un passé dans le milieu et une expérience. Les acteurs me connaissent et savent ce que je fais et de quelle manière je gère les dossiers, comme les collaborations avec Rammstein, Ray Charles, Trust, Motley Cruë, Tears for Fears, et beaucoup d’autres. Les artistes et leurs managers savent ce que je fais et la façon dont fonctionne le label et l’équipe.

Il faut que tu saches que nous avons signé un contrat de distribution avec Warner, avant que le label n’ait signé le moindre artiste ! C’est parce que Warner me faisait confiance sur ma capacité à animer, gérer et développer le label et dans le modèle que nous avions mis en place avec Simon et Romain.

Mais les 2 premières années n’ont pas été faciles. Le label était nouveau et, malgré ma réputation, nous devions faire nos preuves, montrer que nous pouvions accompagner au mieux les artistes. Nous avons toutefois quelques artistes qui nous ont spontanément suivis, et note-le, le premier groupe signé en artiste chez Verycords… c’est Mass Hysteria !

C’est aussi en ça que réside la petite part de chance. Le retour en grande forme de Mass, des No one, le succès du dernier album d’Ultra Vomit, cela donne forcément plus confiance aux artistes et aux acteurs du marché qui ont des exemples probants de ce que nous savons faire même si ces succès sont toujours à mettre au crédit des artistes, car nous ne faisons que les accompagner et en aucune façon nous pouvons nous substituer à l’impulsion de base qu’ils insufflent.

Grâce à tous ces succès, et d’autres, le label a réussi à se faire un vrai nom dans le métal et dans le rock en général et les choses sont bien plus faciles aujourd’hui.

Pour en revenir à ta question, on refuse donc plus d’artistes qu’on en accepte. On doit respecter l’équilibre et le modèle économique pour ne pas mettre en danger nos salariés et les artistes déjà signés chez nous. Un « petit » artiste demande souvent plus de travail qu’un artiste déjà établi, avec des retombées économiques très compliquées à mesurer. Donc, on ne peut pas prendre un artiste « trop petit » en termes de ventes. On peut aussi refuser un artiste qui propose une approche artistique qui ne nous convient pas ; là, c’est plus subjectif. Mais le plus important reste la relation humaine. Un artiste qui n’a pas la banane en venant voir son label, et un label qui n’est pas heureux de recevoir un artiste, cela ne peut pas fonctionner. On en revient donc à un subtil équilibre entre la relation humaine, le potentiel économique et commercial et l’impact artistique et esthétique.

Enfin, il y a une part de prospection qui m’incombe totalement.

 

Les fans : Tu parlais de l’équilibre entre l’esthétique et le commercial. Est-ce que tu as un pouvoir de décision sur la partie artistique de l’œuvre, sachant que c’est le label qui prend les risques financiers ?

Mehdi : alors là, tu soulèves un point très sensible et très complexe. Avant de répondre à ta question, je dois préciser les choses sur les contrats qui nous lient avec les artistes. Il existe 3 types de contrats qu’il faut détailler, parce que selon ces contrats, notre implication financière n’est pas la même.

Le premier contrat est un contrat d’artiste. Dans ce cadre, nous sommes des « éditeurs phonographiques », notre mission consiste à fixer une œuvre sur un support et à l’exploiter. Le label finance l’intégralité des besoins à la mission et reste propriétaire de l’œuvre pour le monde entier pendant 70 ans après la première publication. On finance donc l’ingé son, le marketing, le back-line, les photos, le graphiste pour la pochette, etc…

Le second contrat est un contrat de licence et/ou d’exploitation. Pour te donner une comparaison, c’est un peu comme les états qui ont une ressource naturelle comme du pétrole, mais pas le savoir-faire pour l’exploiter. Dans cette situation, un producteur qui a déjà payé un enregistrement, mais n’a pas l’envie, les moyens ou la capacité de l’exploiter sur un territoire donné, signe donc un contrat de licence, souvent pour 5 ans, avec une exclusivité sur un territoire donné. En contrepartie, nous finançons la fabrication, le marketing et la distribution de l’œuvre.

Enfin, il y a des contrats de distribution. Dans ce cas, il n’y a pas de propriété de stock, et la mission consiste à faire le référencement, la mise en avant et la commercialisation auprès des distributeurs. Verycords n’est pas distributeur et a donc un contrat de distribution avec une structure qui s’occupe de tout ça, dans notre cas avec Warner, comme je l’évoquais précédemment. On ne distribue pas directement aux magasins.

Une fois ces précisions données, l’implication du label sur la partie artistique est toujours très complexe. Pour la simple et bonne raison que l’artiste a très souvent un lien « filial » avec son œuvre, c’est vraiment « son bébé ». Dans le cadre d’un contrat d’artiste ou de licence, on essaie surtout de veiller à la cohérence de l’ensemble.

Je vais essayer de te donner 3 exemples pour illustrer le propos.

Tu viens me voir dans le cadre du fan club des Mass. Typiquement, Mass Hysteria est un groupe indépendant et très clair sur la façon dont ils doivent sonner, et sur lequel je n’interviens donc que peu sur le plan musical. En revanche, lorsque nous avons fait l’Armée des Ombres, nous leur avons proposé de rompre un peu avec l’image « alternative » pour revenir à quelque chose de plus sombre, plus industriel. Les photos, le clip, la pochette de l’album était en rupture avec les albums précédents, parce qu’avec le recul, c’était plus cohérent avec l’ image qu’impulsait cet album et plus « moderne ». De nombreux fans sont revenus vers Mass Hysteria, après les avoir un peu délaissés sur les albums précédents et un nouveau public les a découverts, nous avons donc eu raison a posteriori… (ce n’est pas toujours le cas, et on peut se tromper comme tout un chacun)

Nous avons aussi un contrat avec No One is Innocent. Le groupe venait de sortir de Drugstore, un album qui n’a pas marché commercialement parlant. Nous avons eu de nombreux échanges avec Kemar et nous avons conclu ensemble que cet album était un peu « hors ADN » de No one…Nous avons notamment discuté de Fred (Duquesne) pour la production de l’album Propaganda. Là encore, ça reste vraiment le bébé de Kemar, mais on a pu discuter avec lui de certains choix artistiques et de la cohérence de l’ensemble. Cela nous a aussi permis de mieux défendre la proposition artistique.

Enfin, les Wampas nous ont demandé un regard extérieur sur l’un de leurs projets, et nous sommes retournés en studio avec eux pour remixer et retravailler les morceaux, les singles etc… Mais, bien entendu, tout cela se fait avec l’accord du groupe.

Dans tous les cas, on essaie de ne pas imposer mais conseiller, et on ne fait aucune intervention directe sur la partie artistique, malgré les risques financiers. Si on décide de signer un artiste, on lui fait confiance sur ces choix-là. En tant que patron de label et manager, j’insiste vraiment pour privilégier la consultation, la discussion et la proposition, plutôt que le passage en force, que j’estime stérile sur le long terme.

Les fans : comment Verycords a-t-elle vécu et passé la crise du disque ?

Mehdi : En fait, depuis 1995, et mes premières années sur ce marché, j’ai toujours entendu que c’était dur… Quand l’époque était florissante, les majors raflaient tout et il n’y avait pas de place pour des acteurs plus petits. Lorsque le marché des ventes de supports s’est tendu, des labels plus petits et plus spécialisés ont vu le jour. On a beaucoup décrié le téléchargement illégal, mais il faut mettre un bémol là-dessus et replacer le contexte… Les créateurs de contenants ont toujours voulu mettre la main sur du contenu pour inciter les gens à consommer de la musique et vendre plus facilement l’accès à leur « tuyaux », qui sans ces contenus ne valent rien dans l’absolu… On a vu Sony racheter CBS quand ils ont créé le walkman, Philips racheter Polygram à l’époque des CD, et AOL racheter Warner au moment de l’explosion d’internet, la musique là encore a servi de produit d’appel pour lancer les abonnements ADSL et autres…l’illusion de gratuité n’est qu’un leurre pour te vendre autres choses ou t’amener toi-même à être la marchandise, ce qui devient de notoriété public avec la connaissance des « big datas ». La musique gratuite n’existe pas. Dans le téléchargement illégal, il y a juste un détournement de valeur qui s’opère au détriment des créateurs, que je sache Kim dot com, le fondateur de Mega Upload n’a pas acheté ses propriétés sur du vent.

Cependant, depuis quelques années, maintenant que les géants du marché l’ont restructuré, on voit des efforts significatifs pour filtrer internet et limiter les accès aux sites de téléchargements illégaux.

En ce qui nous concerne, nous n’avons aucun pouvoir d’action sur cet aspect des choses et nous faisons avec sans opérer de jugement facile… On n’a pas de recette miracle, il y a une part de chance, surtout  une équipe qui bosse très dur, et les bons choix l’ont emporté sur nos erreurs. On essaie vraiment d’avancer sans se préoccuper de la crise… Ma mission de patron de label est de maintenir les emplois de mes salariés, et de développer les artistes qui ont trouvé une maison avec Verycords. On ne perd pas de vue que la partie artistique d’une œuvre est une petite part dans le succès d’un artiste. Il y a tout un environnement commercial, marketing, à prendre également en compte.

 

Les fans : est-ce une volonté de Verycords de se spécialiser vers des artistes Rock et Metal ? et notamment français ?

Mehdi : Verycords a un business-model assez simple. Notre catalogue est constitué à 80% d’artistes en redémarrage de carrière. Cela signifie qu’ils sont bien identifiés auprès du public et qu’ils demandent notre expertise pour se relancer. Mass Hysteria, No One ou encore Deep Purple, qui a réalisé ses meilleures ventes depuis 30 ans en France, sont de bons exemples.

On ne se spécialise pas dans le Metal, on cherche à s’ouvrir sur des artistes plus mainstream, mais avec un coté rock, comme Bertignac, signé récemment. Mais, pour mon équipe et moi-même, le Metal est la musique que nous aimons, que nous connaissons. Notre méthode, c’est proposer une vision pour permettre à un artiste de trouver un second souffle dans sa carrière. Je n’ai pas les réseaux, les ressorts, et… l’envie, pour faire de gros coups médiatiques. On cherche à bâtir et à développer une maison de disque solide autour d’envies communes. Comme le dit Muss, « on ne fait pas de la nouveauté, mais de la maintenance, et on ne cherche pas la nouveauté à tout prix, mais plutôt l’excellence… »

Enfin, le Metal a été un genre totalement délaissé et nous avons donc peu de concurrence sur ce genre musical.

Concernant l’origine française des artistes, là encore, c’est une question d’envie et de pragmatisme. Nous avons eu la chance de signer un accord avec Edel, un label qui est proche en termes de fonctionnement et qui nous a ouvert un beau catalogue international. On a donc pu se concentrer sur les artistes français. D’un point de vue pragmatique, il faut savoir que la France est le 2ème marché au monde, sur la part des ventes de son marché local. 74% des disques vendus en France sont des artistes français. Sur le top 20 des albums vendus en France, 18 sont des artistes français. On profite donc de l’appétence du marché pour des artistes locaux.

 

MEHDI ET MASS HYSTERIA

Les fans : peux-tu nous raconter ta première rencontre avec Mass Hysteria ?

Mehdi : mon histoire avec eux se fait en 3 temps forts.

En 1995, la scène Metal est en plein succès, en France et à l’étranger. Un jour, Olivier, le responsable artistique du label XIII bis, vient me voir et m’encourage fortement à signer un nouveau groupe, très novateur, avec un mélange de son électro, de grattes énormes et un chant en français. Ce groupe, c’était Mass Hysteria. Je rencontre donc Yann et leur manager de l’époque, dans mon tout petit bureau sous les combles. Nous venions de démarrer, un peu comme Mass, mais eux étaient déjà très courtisés. Finalement, la collaboration ne se fait pas, et Mass signe chez Yelen (Sony). Patricia, qui s’occupait d’eux à l’époque, a fait beaucoup pour eux (NDLR : Mehdi nous précisera que Patricia manque beaucoup à la profession et qu’elle a vraiment été importante pour le groupe, il insiste…) En parallèle, notre label métal 13 signe notamment Rammstein et Nightwish, ce qui nous donne une certaine exposition auprès des artistes et acteurs du milieu.

En 2002, Mass quitte Yelen, estimant arrivé au terme de la collaboration et leur manager me demande si je veux ré-étudier une possibilité de collaboration. Je donne un accord de principe, mais sous condition d’écouter les maquettes des dernières créations… Yann va me maudire en lisant ces lignes mais, là, je ne reconnais pas Mass Hysteria. Les titres sont bons, c’est indéniable, mais ce n’est pas eux. Je suis un fils du Metal, et le Metal c’est des grosses grattes, et elles sont complètement absentes sur les maquettes. Je pense, avec le recul, qu’on avait un peu perdu Yann à cette époque, et donc l’ADN du groupe. Je leur fais savoir que je suis sceptique sur l’orientation musicale, et la collaboration ne se fait pas…

3ème et dernier temps, puisque celui sera le bon… Je me rends à Amnéville pour le fameux Sonisphère du Big 4. J’ai Loudblast, Headcharger et Tarja notamment à l’affiche. Mass Hysteria joue en tout début d’après-midi, le jour de Metallica. Comme je te le disais avant, j’étais resté sur un groupe qui s’était égaré de son identité, et je fais partie des gens qui voyaient Mass Hysteria comme un groupe du passé… MEA CULPA ! Je prends une tarte phénoménale sur ce concert, avec un groupe qui affiche une volonté incroyable de partir en reconquête, d’en découdre. Je vais les féliciter tout de suite après le show, et leur manager de l’époque, Alexis, me fait entendre que la relation avec At(h)ome, le label, se passe mal et qu’il souhaite changer de maison de disque. Au regard du show que je viens de voir, je donne un accord, et on fait l’Armée des Ombres dans la foulée.

Voilà pour le début de la relation avec eux. Si Une somme de détails et Failles avaient marqué le début de la reconquête, l’Armée des Ombres sonne vraiment le renouveau du groupe avec, en point d’orgue, l’Olympia pour les 20 ans du groupe. Matière Noire a vraiment enfoncé le clou ! Je connaissais en plus très bien Fred, le producteur, puisque j’ai été le 1er manager de Watcha et que j’avais mis ce groupe sur une des compilations que XIII bis avait produites.

Puis, Alexis a quitté le management du groupe. Yann a assuré l’intérim, mais s’est vite rapproché de moi pour savoir si la mission de manager pouvait aussi m’intéresser ; ce qui n’était pas facile à mettre en place, ayant déjà la casquette de patron de leur label, je ne voulais pas créer de « favoritisme » ou que cela soit mal interprété, mais après en avoir parlé autour de moi avec mes associés, l’équipe et les artistes du label, il est apparu qu’il n’y avait que moi qui s’inquiétait de ces questions, j’ai donc dit « oui » au groupe. Finalement, je ne m’occupe pas de la partie management sur le disque et, depuis quelques mois, je suis officiellement leur manager. On évite donc les conflits d’intérêts ou situations délicates sur le plan déontologique.

 

Les fans : quels sont les contours de la mission d’un manager pour un groupe comme Mass Hysteria ?

Mehdi : Alors, contrairement à une idée reçue et le surnom que les gars me donnent, je ne suis pas le ou leur boss. Un manager est  employé, rémunéré par l’artiste, pour défendre la globalité de leurs intérêts. Ce sont eux les vrais boss, j’essaie de les sensibiliser à ce rôle, et il faut que les partenaires en prennent conscience aussi.

Concrètement, mon rôle au quotidien consiste à promouvoir, développer la marque Mass Hysteria et m’assurer qu’ils en récoltent les fruits. Cela passe par la définition d’une stratégie de carrière claire, le choix des meilleurs partenaires en cohérence avec cette stratégie, l’optimisation de tous les pôles de revenus du groupe. Le tout en conservant les fondamentaux et l’ADN du groupe… On a revalorisé le contrat disque du groupe, je les aide dans les contrats d’endorsement.

Nous avons aussi récemment changé de tourneur. Je salue Fabristi pour l’ensemble de la tournée et son implication auprès du groupe, mais nous avions besoin d’un autre partenaire pour franchir encore un cap en termes de tour et de show. Nous avons consulté de nombreux tourneurs, beaucoup nous ont tout de suite envoyé des propositions très abouties et sérieuses. Mais, finalement, le choix du manager et du groupe s’est porté vers une structure dont nous dévoilerons le nom bientôt. Indépendamment de l’aspect pratique, cette structure nous semble la mieux adaptée aux valeurs du groupe et à la volonté de créer un vrai show sur la prochaine tournée. On ne peut pas continuer à monter des tournées comme celles-ci en ne misant que sur l’énergie des 5 membres et un light show aussi beau soit-il, il convient d’aller plus loin en terme de scénographie et de professionnalisme de l’ensemble…

On maintient aussi l’équipe technique en place sur cette tournée. Humainement parlant, Paul, Sylvain et Jonathan sont vraiment en phase avec les garçons. Mais, surtout, ils sont excellents dans leurs métiers. Non seulement on va les maintenir, mais on va même les consulter très en amont pour préparer ce nouveau show.

En tant que manager, enfin, je m’assure que la relation entre le groupe et son public soit optimisée. Comme tu le sais, la première valeur du groupe, et si on ne devait retenir qu’une seule chose de Mass, c’est bien ça, sa relation de proximité avec ses fans. On essaie de répondre à tout le monde sur les réseaux sociaux, j’ai participé avec toi à la création du fan club, pour faire quelque chose de cohérent avec les valeurs du groupe.

 

Les fans : après 102 dates, quel est le regard du manager sur la tournée ? quels enseignements peux-tu en tirer pour la suite ?

Mehdi : On peut prendre les choses sous plusieurs aspects.

D’un point de vue professionnel, c’est un carton plein. Tous les voyants sont au vert. 102 dates, des énormes festivals, des retombées dans la presse spécialisée (4 couvertures de magazines, de nombreuses interviews, etc)  et généralistes (Télérama, Canal +). L’album s’est vendu à plus de 15 000 exemplaires ! D’un point de vue chiffre et donc factuel, Mass Hysteria est le 2ème groupe de Metal français, derrière Gojira. Et il a su renouveler un public qui est aujourd’hui multigénérationnel.

D’un point de vue artistique, l’album a été unanimement salué et plébiscité. D’un point de vue très personnel, c’est le meilleur de Mass Hysteria pour moi.

Enfin d’un point de vue humain, le line-up actuel est pour moi la meilleure incarnation de ce que doit être Mass Hysteria, musicalement parlant. Fred et Jamie ont vraiment redonné de l’énergie aux 3 membres historiques.

Le bilan est donc on ne peut plus positif et nous avons la pression pour faire mieux, tant mieux !

 

Les fans : as-tu un meilleur souvenir sur cette tournée ? Un mauvais souvenir ?

Mehdi : J’ai beaucoup de très bons souvenirs, même si je n’ai pas fait toutes les dates. La Carenne à Brest sold out est le premier d’entre eux. Nous sommes fin 2015, la date est sold out, là où des artistes de variété font la moitié de la jauge. On est dans la patrie de Muss, et on a une demande en mariage sur scène. Le Hellfest et le Download ont été aussi de grosses claques, à la vue de l’affluence massive du public, alors que le groupe jouait en début d’après-midi. Le Trianon reste aussi un très bon souvenir, même si l’organisation de cette date, en coulisses, a été très compliquée. Et puis, cette date de St Remy, la dernière, où je vois tout le monde content, fier, ému… On fait quand même 1200 entrées payantes dans le Sud de la France, qui n’est pas une terre très favorable au métal.

En souvenir plus difficile, je n’ai pas aimé passer l’appel à Fabristi pour lui dire que la collaboration devait prendre fin. Humainement parlant, ce n’est jamais agréable, mais d’un point de vue professionnel, le groupe devait changer de dimension. Nous avons tenté de proposer des passerelles, des solutions, mais nous n’avons pas trouvé d’accord.

 

Les fans : es-tu optimiste pour la suite, le prochain album, et la prochaine tournée ?

Mehdi : Ce groupe n’est pas le plus dur à manager, mais il est tout de même composé de 5 personnalités très fortes. J’ai encore des choses à améliorer, on doit tous encore progresser sur quelques dossiers, même si j’insiste, tous les indicateurs sont vraiment au vert ! On a des perspectives vraiment très intéressantes devant nous.

Nous allons tout faire pour monter un vrai show, comme je te le disais. On est plus rigoureux sur les timings. On a terminé la tournée Matière Noire le 2 septembre, et on a déjà commencé à préparer la nouvelle le 3 ! La vraie difficulté sur le plan artistique et commercial, c’est de faire mieux que Matière Noire. Mais, avec le recul, on avait déjà cette problématique après l’Armée des Ombres. Le groupe est mieux armé aujourd’hui, il est plus serein, les membres plus détendus, et surtout… les 5 ont la même approche de la musique et la même philosophie. Il n’y a pas de questionnement inutile sur la direction musicale ou artistique à prendre. L’ADN des morceaux, de leur son, est bien défini, et il semble très peu probable que les garçons aient envie de faire autre chose, musicalement parlant.

 

MEHDI, TON REGARD ET TON AVIS SUR….

Les fans : le marché du disque et les producteurs ?

Mehdi : La musique est une composante du quotidien de beaucoup de monde. Cependant, le marché est tout petit ! En France, le marché représente… 450 M€ de CA, c’est tout petit à côté de l’agroalimentaire ou la grande distribution. Je vais te donner quelques indicateurs que je trouve intéressants. D’abord, 75% des disques vendus ne font pas plus de… 10 000 ventes. En 2014, il y a eu 374 disques « nouveautés » mis sur le marché, hors jazz et classique. 160 ont fait moins de 1 000 ventes, et 108 ont fait entre 1 000 et 10 000 ventes. On est donc bien sur la statistique, ¾ des disques font moins de 10 000 ventes.

Un label comme le nôtre revend un CD globalement 10 euros HT au magasin, qui va le revendre 15 euros TTC au consommateur final. Le disque n’est pas considéré comme un produit culturel ; et nous avons donc une TVA à 20%… (NDLR : Mehdi trouve ce taux de TVA surprenant, sachant que l’intégrale de Jacques Brel n’est pas un produit culturel, mais le livre des Mémoires de Nabila en est un, avec une TVA à 5.5%… bel exemple parlant !)

Le distributeur prend entre 30 et 50% de marge, il reste donc environ dans la poche du label 7 euros. Là-dessus, tu enlèves 1 euro de fabrication, 1 euro de droits sur la reproduction des œuvres, 1 à 2 euros de rémunération pour les artistes et ou/producteur… Dans le meilleur des cas, il te reste 3 euros pour payer le marketing, les frais de structures, les frais de production, etc… Quand tu sais qu’une production moyenne coute  autour de 40 K€, tu vois que l’équilibre est très compliqué à tenir. Raison pour laquelle on développe la branche édition pour toucher des retours SACEM et équilibrer les comptes.

Le métier de producteur est noble à la base, on n’est pas du tout Eddy Barclay et son cigare dans des villas luxueuses… La part de risque est importante, tu peux très vite perdre beaucoup d’argent et, si tu en gagnes, tu dois mettre en place une gestion ultra-rigoureuse.

 

Les fans : System of a Down ?

Mehdi : ahah, voilà une question à laquelle je ne m’attendais pas (rires) ! On va repréciser les choses. Il faut savoir que Live Nation France a tout fait, et usé de tous les mécanismes pour que nous soyons maintenus sur ces dates. Nous confirmons que nous n’avons vraiment aucun souci avec la branche française de Live Nation, bien au contraire ; dans cette affaire, ils se sont conduits de façon exemplaire. Ensuite, nous avons écrit un communiqué qui était, c’est vrai, très vague, parce que notre seul objectif était de permettre le remboursement des billets des fans mécontents et qu’il convenait d’éviter toute polémique stérile qui aurait pu empêcher cela. Légalement parlant, l’annulation de la première partie ou un changement de première partie n’est pas une raison suffisante pour un remboursement de billet. L’absence de Mass Hysteria en 1ere partie de ces dates ne garantissait pas du tout le remboursement des billets.  La majorité des billets vendus l’ont été pour System, bien sûr, et nous avions conscience de ne pas peser lourd face à cette machine. Dans un fonctionnement normal, et légalement parlant, aucun billet n’aurait dû être remboursé. Donc vraiment, j’insiste, Live Nation France est à dédouaner de ce couac et nous avons fait, avec eux, ce qu’il fallait pour que le remboursement soit possible. Nous estimions que, même si il n’y avait qu’une personne qui souhaitait se faire rembourser car elle se sentait flouée, il fallait qu’elle le puisse.

Aujourd’hui, la date est passée, les fans sont remboursés, on peut donc dévoiler un peu les choses. Allez sur la page FB ou le site de Vector Management, et vous verrez que CODE ORANGE est managé par la même structure que SOAD. Nous comprenons qu’un manager profite de l’exposition de sa tête de gondole pour lancer un groupe en phase de développement ; mais le timing et la manière dont cela s’est déroulé reste discutable.

De notre côté, nous avons aussi une part de responsabilité, puisque nous n’avions pas signé de contrat entre la boîte de tournée de l’époque, et Live Nation. Cela a donc d’autant plus réduit notre marge de manœuvre. De mon point de vue,  le management de Vector a sans doute validé la 1ère partie de Mass Hysteria car je ne vois pas Live Nation communiquer dessus sans l’accord du management de SOAD. Après, que Vector ait profité de sa position pour tout changer, sans que nous puissions nous y opposer pour des raisons qui leur appartiennent, c’est probablement ce qui s’est passé, même s’il reste compliqué d’identifier clairement d’où vient la décision finale. Nar nous n’avons pas été au cœur des débats, et va savoir qui finalement a pris cette décision : le groupe, le management, Live Nation US ou d’autres intervenants ?… finalement peu importe, ce qui est sûr c’est que ce n’est pas Live Nation France.

Le groupe a été affecté par cette décision un moment, les fans ont été déçus. Mais nous avons tiré les leçons de cet épisode, et cela ne se reproduira sans doute pas. Si nous communiquons sur une première partie de ce calibre, nous nous assurerons que toutes les garanties que cela se produise bien in fine, soient présentes.

 

Les fans : Rammstein, que tu connais par cœur, ton regard sur leur évolution ?

Mehdi : Question complexe… Depuis l’éviction d’Emmanuel Fialik, leur manager historique, je n’ai plus les mêmes rapports avec eux que par le passé. J’en ai, parce que le groupe n’oublie pas, mais beaucoup moins qu’auparavant.

Il faut avoir à l’esprit que Rammstein est un groupe qui vient de l’Allemagne de l’Est. Un pays où tu pouvais aller en prison si tu jouais de la musique considéré comme contestataire.  Paul Landers m’avait dit que le jour de la chute du mur, ils ont vu « le magasin de jouets » devant eux. Dès le début, le groupe s’est programmé pour avoir du succès. Ils ont vendu 1 million d’albums aux USA avec Sehnsucht. Je me souviens de leur premier show à NY, en tête d’affiche, 2 500 personnes hurlant en allemand les paroles par cœur… Ils défendaient vraiment cette identité allemande. Aux USA, si MTV voulait les interroger, Emmanuel leur demandait de venir avec un traducteur en allemand, pas question pour eux de parler en anglais aux USA…

J’ai énormément appris avec Rammstein, on parlait tout à l’heure de la rigueur germanique, du sens aigu des timings, etc…Toute cette méthode me vient en partie de l’expérience avec Rammstein. Par contre, le management était totalement différent. Emmanuel les gérait d’une main de fer, avec notamment aucun visuel sans son accord… il lui arrivait même de passer des savons au groupe après un show excellent, pour des petits points de détails… C’est cette main de fer, qui a provoqué d’ailleurs l’éviction du manager, les musiciens n’en pouvaient plus.

De mon point de vue, aujourd’hui, Rammstein est un peu… dans le passé. Finalement Le clip de « Keine Lust »  est très révélateur de leur réalité actuelle et c’en est d’ailleurs remarquable de leur part… très gros, arrivant chacun de son côté… Ils ont atteint leurs objectifs et les raisons profondes qui les unissaient ne sont certainement plus là, aujourd’hui.

Je pense qu’aujourd’hui la machine est éléphantesque et a un peu broyé ce qu’ils étaient. Quand des musiciens vivent bien ensemble, ils veulent composer, créer… Là, il faut coordonner des dizaines d’agendas pour réunir le groupe, j’ai la sensation que c’est plus… compliqué et qu’ils doivent trouver d’autres ressorts pour se maintenir en vie.

 

Les fans : ce soir, Metallica joue en France. Mass Hysteria a déjà joué pour eux. Ton regard sur le leader du genre ? Une chance de revoir les deux groupes sur une même date ?

Mehdi : Metallica, c’est un peu le contraire de Rammstein. Je pense que leurs membres restent entièrement dédiés à Metallica après 36 ans de carrière. Quand ils ont été dans le creux de la vague, ils n’ont pas hésité à le partager… Je respecte vraiment ce qu’ils ont apporté à la scène métal en général. Mais Metallica, c’est encore une autre sphère…

Pour Mass Hysteria, comme je te le disais, on a des rapports excellents avec Live Nation France, qui est le tourneur de Metallica. Après, tout est très compliqué dès qu’il s’agit de Metallica. Et tout le monde veut faire la première partie de ce groupe.Il y a tellement d’intervenants et de business au milieu que pouvoir ouvrir pour ce groupe est  d’une complexité extrême, à moins que James ou Lars ne l’impose directement finalement (rires)… Si on nous propose de le faire, évidemment que le groupe et les équipes de Mass Hysteria accepteront, on sera ravis, émus, honorés de le faire. Mais le contraire ne serait pas une déception ou un frein. On a rempli un Trianon, un Olympia, on a fait 102 dates, on a joué sur des festivals généralistes, des dates sold-out… Donc, une première partie de Metallica ne nous apportera pas un nouveau public métal supplémentaire, ou plus de crédibilité. On serait honorés de rejouer pour eux en première partie, mais on est conscient de la difficulté du dossier. Cela ne dépend vraiment pas de nous, tout est très compliqué avec ces super groupes. À l’instar de SOAD, nous aurions voulu faire ces shows, cela ne s’est pas fait, mais ça n’a pas du tout grippé la machine Mass pour autant.

Après ces 90 minutes d’échange, riches et sincères, Mehdi et moi reprenons chacun le fil de notre journée. En me quittant, il me confirme néanmoins que de belles surprises sont à venir pour les fans et, ce, malgré la compo et l’enregistrement du futur MH 09 !… Stay Tuned !